PAVILLON


PAVILLON
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PAVILL

Arboré à la poupe d’un navire, le pavillon est une pièce d’étoffe qui, frappée aux couleurs de l’État dont ce navire est le ressortissant, sert à en indiquer la nationalité. Le navire peut pourtant se trouver sous un pavillon — dit de complaisance — ne correspondant pas à un État avec lequel il possède un lien effectif. Dans des conditions particulières, certains navires peuvent aussi arborer un pavillon international.

Tout navire, devant être rattaché à une quelconque juridiction étatique, possède donc une nationalité et une seule; comme, de plus, chaque État détermine librement par sa législation interne les critères d’attribution de sa nationalité, un lien substantiel existe entre le navire et l’État qui «exerce effectivement sa juridiction et son contrôle dans les domaines technique, administratif et social sur les navires battant son pavillon» (convention de Genève sur la haute mer, 1958). La preuve de la nationalité réside dans le pavillon pour les navires de guerre, dans le pavillon et des papiers de bord conformes pour les autres navires. En haute mer, chaque navire relève exclusivement des autorités de son pavillon. Cependant, plusieurs exceptions à la loi du pavillon peuvent être relevées: certaines d’entre elles se rattachent au passé — lutte contre la piraterie ou le trafic d’esclaves; d’autres sont plus actuelles — police dans l’intérêt des États et défense de l’environnement.

La police dans l’intérêt des États peut revêtir la forme dite hot pursuit lorsque un bâtiment de guerre, ayant commencé la poursuite d’un navire étranger coupable d’une infraction dans ses eaux intérieures ou territoriales, la continue en haute mer; s’exercer sous des formes diverses en fonction de la théorie de l’intérêt supérieur de l’État (c’est à ce titre que les États-Unis, lors de l’affaire de Cuba, en 1962, se sont arrogé le droit d’arraisonner tout navire susceptible de transporter des armes).

En ce qui concerne le motif de défense de l’environnement, plusieurs conventions ont été adoptées en vue de la protection des richesses de la mer (pêche, pollution volontaire, pollution accidentelle).

L’enquête de pavillon est le fait, pour un bâtiment de guerre, de s’assurer de la nationalité d’un navire; cette enquête peut se pratiquer en temps de paix comme en temps de guerre, et, dans ce dernier cas, les navires contrôlés peuvent être surpris arborant un faux pavillon, destiné à dissimuler leur véritable appartenance; une telle ruse est autorisée lorsqu’elle a pour but de faire échapper le navire aux poursuites ou à la destruction, mais elle est interdite lorsqu’elle sert à couvrir une attaque; il peut aussi arriver que le bateau contrôlé, ex-ressortissant d’une puissance belligérante, ait été cédé à un neutre par son propriétaire en vue d’éluder les conséquences qu’entraîne le caractère de navire ennemi: ce transfert doit être considéré comme nul.

Afin d’échapper aux conventions internationales touchant à la navigation ainsi qu’aux réglementations fiscales et à la législation du travail de leur pays d’origine, de nombreux armateurs placent leurs navires sous pavillon de complaisance et, par là, sous la protection d’un État dont ils n’ont pas la nationalité et qui n’exerce aucun pouvoir effectif. Cette pratique a pris son essor au début de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ayant eu recours au pavillon panaméen alors qu’ils étaient encore officiellement neutres, pour venir en aide à la France et à la Grande-Bretagne. Elle s’est étendue depuis à de nombreux États: Honduras, Costa Rica, Somalie, Liban et Liberia en particulier. Les bâtiments naviguant sous ces couleurs peuvent ainsi se livrer sans risque de sanction à toutes sortes d’activités illégales; ils peuvent même naviguer parfois au mépris des règles de sécurité. La pratique tend à se répandre puisque plus de 25 p. 100 du tonnage de la flotte marchande mondiale relève aujourd’hui de pavillons de complaisance.

Les États ne sont pas seuls à faire battre pavillon: certaines organisations internationales, dans certains cas et sous certaines conditions, en ont également la possibilité; on leur a parfois dénié le droit d’immatriculer leurs propres navires, sous prétexte qu’elles n’offriraient pas les mêmes garanties que les États quant à l’utilisation policée des mers. Souvent, il en est résulté une double immatriculation et un double pavillon, les États membres des organisations internationales s’engageant à assimiler ces navires aux leurs; le procédé a été utilisé lors de l’intervention de la force d’urgence des Nations unies en Égypte (1956-1957) ainsi que pour les navires de l’O.N.U. affectés aux opérations de dégagement du canal de Suez. Cependant, cette double immatriculation et ce double pavillon n’ont pas toujours été utilisés; ainsi l’agence de l’O.N.U. pour le relèvement de la Corée disposait d’une flotte particulière immatriculée par l’O.N.U. et battant son pavillon. D’autres pavillons internationaux peuvent parfois être arborés, par exemple le pavillon de la Commission internationale du Danube ou le pavillon commun au Conseil de l’Europe et à l’Union européenne. Il faut noter que le pavillon n’est pas toujours un signe de nationalité; il existe des pavillons signaux, formant le Code international des signaux et servant de moyen de communication.

pavillon [ pavijɔ̃ ] n. m.
paveillon « tente de campement » v. 1130; lat. papilio, onis « papillon »
I
1Vx Tente militaire. « Va sur les bords du Rhin planter tes pavillons » (P. Corneille).
2Liturg. Étoffe qui recouvre le ciboire, le tabernacle. custode. Blas. Ornement extérieur à l'écu, en forme de tente, qui enveloppe les armoiries d'un souverain.
3(1508) Cour. Construction légère élevée dans un jardin, un parc, etc., et destinée surtout à servir d'abri. belvédère, kiosque, rotonde. Pavillon chinois. Par ext. Pavillon de verdure. tonnelle.
(1566) Petit bâtiment isolé; petite maison dans un jardin, un parc. bungalow, maisonnette, villa. Pavillon de chasse. Pavillons d'un hôpital. Maison particulière plus ou moins petite. Pavillon de banlieue.
Recomm. offic. pour club-house.
Archit. Corps de bâtiment qui se distingue du reste de l'édifice dont il fait partie. Pavillon central, pavillon d'angle. Le pavillon de Flore, aux Tuileries.
4(1680; de la forme évasée, conique, de la tente militaire) Extrémité évasée (de certains instruments à vent). Pavillon d'un cor, d'une trompette. Pavillon acoustique : conduit ouvert aux deux extrémités de section régulièrement croissante. Pavillon d'un haut-parleur, d'un phonographe.
(1810) Partie visible de l'oreille externe de l'homme et des mammifères ( oreille).
II(1541) Pièce d'étoffe que l'on hisse sur un navire pour indiquer sa nationalité, la compagnie de navigation à laquelle il appartient, ou pour faire des signaux. drapeau; pavois. Pavillon national. Pavillon d'armateur, de reconnaissance. Pavillon de guerre. Pavillon de détresse. Pavillon de quarantaine, qui signale une maladie contagieuse à bord. Pavillon haut, hissé le long du mât. Envoyer, hisser le pavillon. Amener, baisser le pavillon, le faire descendre le long du mât. Loc. Baisser pavillon devant qqn : s'avouer battu. — Navire battant pavillon britannique. Naviguer sous pavillon français. Pavillon de complaisance : nationalité fictive accordée libéralement par certains États qui offrent des conditions avantageuses (fiscalité, législation sociale, etc.) aux armateurs. — Le pavillon noir, le pavillon à tête de mort : l'emblème des pirates. — Dr. internat. publ. Le pavillon couvre la marchandise : principe juridique selon lequel un belligérant ne peut saisir une cargaison ennemie transportée sur un navire neutre. Fig. et fam. « le public était content. Le mot de Devoir lui suffisait; il ne tenait pas à la chose : le pavillon couvrait la marchandise » (R. Rolland).
Drapeau. « La tour était compliquée d'étendards de mer, de banderoles, de bannières, de drapeaux, de pennons, de pavillons » (Hugo).

pavillon nom masculin (latin papilio, -onis, papillon) Bâtiment isolé, situé dans une propriété, un parc : Pavillon de chasse. Le pavillon 4 de l'hôpital. Maison particulière, de petite ou de moyenne dimension, attenante à un terrain et située en particulier à la périphérie des grandes villes. Acoustique et Électroacoustique Tube de section variable, évasé, servant à concentrer ou à diriger des ondes acoustiques. Anatomie Extrémité libre de la trompe utérine. Architecture Bâtiment ou corps de bâtiment de plan sensiblement carré. Bijouterie Ensemble des facettes taillées sur la culasse d'une pierre de bijouterie. Liturgie Voile de soie blanche recouvrant le ciboire, quand celui-ci renferme les hosties consacrées. Musique Partie évasée par laquelle se termine le tube de certains instruments à air (cuivres). Transports Partie supérieure de la caisse d'un véhicule (automobile, wagon, autorail, locomotive électrique, etc.), couramment appelée « toit ». Turf Une des trois grandes enceintes des grands champs de courses. ● pavillon (expressions) nom masculin (latin papilio, -onis, papillon) Pavillon de l'oreille, cartilage de l'oreille ; oreille externe des mammifères. Toit en pavillon, toit à quatre versants non galbés couvrant un corps de bâtiment sensiblement carré. ● pavillon (synonymes) nom masculin (latin papilio, -onis, papillon) Bâtiment isolé, situé dans une propriété, un parc
Synonymes :
- belvédère
pavillon nom masculin (de pavillon) Insigne de la nationalité d'un navire (pavillon national) ou d'une compagnie de navigation, ou signe flottant du Code des signaux (pavillon de signalisation), de forme carrée ou rectangulaire, et constitué de bandes d'étamines cousues. ● pavillon (expressions) nom masculin (de pavillon) Littéraire. Baisser pavillon, mettre pavillon bas, reconnaître son infériorité, céder. Pavillon amiral, marque distinctive d'un amiral. Pavillon de beaupré, de poupe, pavillon national hissé au mâterau de beaupré (extrême avant) ou au mât de poupe (extrême arrière). Rentrer le pavillon, faire descendre les couleurs. (À ne pas confondre avec amener le pavillon, qui ne s'emploie qu'en cas de reddition.)

pavillon
n. m.
rI./r
d1./d Maisonnette construite dans un jardin. Pavillon de banlieue.
|| Petite construction isolée. Pavillon de chasse.
|| (Madag.) Petit bâtiment abritant un commerce ou servant d'habitation.
d2./d Partie extérieure, visible, de l'oreille.
|| Extrémité évasée de certains instruments à vent. Le pavillon d'un cor, d'une trompette.
d3./d Partie supérieure de la carrosserie d'une voiture.
rII./r MAR Drapeau. Pavillon de complaisance, arboré par certains navires naviguant sous une nationalité d'emprunt.
Amener son pavillon, en signe de reddition.
Loc. fig. Baisser pavillon: reculer, céder, capituler.

⇒PAVILLON, subst. masc.
A. —1. Vx. Tente de forme ronde ou carrée, généralement terminée en pointe par le haut, utilisée par les armées en campagne ou dressée en diverses circonstances. La joûte finie, tous ces chevaliers se réunirent avec leurs amis dans un pavillon qu'on avait dressé. On se mit à table; de chaque parti on avait apporté des viandes (BARANTE, Hist. ducs Bourg., t.4, 1821-24, p.11).
En partic. Tente servant d'habitation habituelle chez certaines ethnies nomades ou sédentaires d'Orient et du Moyen-Orient. Aussi les hommes de ce pays [la Perse] n'ont guère pris la peine d'élever des constructions solides (...); les maisons sont de légers kiosques, des pavillons élégants, espèces de tentes dressées pour le passage (MICHELET, Introd. Hist. univ., 1831, p.407). Nuit sous la tente; hennissement des chevaux, cris des chameaux, fumée des feux du soir, lueur transparente de la lampe à travers la toile rayée du pavillon (LAMART., Voy. Orient, t.1, 1835, p.294).
2. Vx. Grande pièce d'étoffe couvrant et fermant un lit ou servant à isoler un angle ou la partie haute de la pièce. [Une salle] tendue de blanc et de vert, avec un haut pavillon de tapisseries (TAINE, Philos. art, t.2, 1865, p.6).
3. Spécialement
a) LITURG. Étoffe richement ornée servant à couvrir le ciboire. [Dons pour la colonie] Une chasuble, un orfroi de thuriféraire et un pavillon de ciboire (A. DAUDET, Port-Tarascon, 1890, p.46).
b) HÉRALD. Pièce d'étoffe servant d'ornement et entourant l'écu d'un roi et d'un prince. L'écu est supporté soit par des animaux (supports), par un être humain (tenant) ou un objet inanimé (soutien). Aux bannières, manteaux ou pavillon, sont parfois joints les insignes des offices (L'Hist. et ses méth., 1961, p.754).
c) TECHNOLOGIE
) Partie supérieure de la carrosserie d'un véhicule, servant de toit. Dans ce dernier cas [voitures ouvertes] la caisse peut être complétée soit par une capote [.], soit par un dais rigide (pavillon) avec pare-poussière (Lar. mensuel, févr. 1915, III, 339b ds QUEM. DDL t.16). Le pavillon est formé de courbes métalliques entretoisées longitudinalement et recouvertes de panneaux de tôle rivés ou soudés. Intérieurement, un revêtement de tôle mince constitue le plafond de la voiture (BAILLEUL, Matér. roulant ch. de fer, 1951, p.106).
) Pièce de bois ou de métal parfois décorée, placée en haut d'une fenêtre, d'une ouverture et servant à cacher une jalousie, un store ou un rideau de fer quand ils sont relevés. Les devantures des boutiques sont établies en B (...) et les boîtes de mécanisme de fermeture en A. Les pavillons recevant les tôles de ces fermetures sont tracés en F (VIOLLET-LE-DUC, Archit., 1872, p.329).
4. P. anal. (de fonction)
a) Petite construction faite de matériaux légers, élevée dans un parc ou un jardin et servant d'abri ou de remise. Ce qu'on appelle le belvédère est un pavillon bâti autour d'une cour he.agone, au milieu de laquelle est un jet d'eau (J.-J. AMPÈRE, Corresp., 1824, p.257). Je courus d'une haleine jusqu'au jardin, jusqu'à ce petit pavillon en forme de parasol sous lequel les bonnes d'enfants venaient abriter leurs charrettes (DUHAMEL, Jard. bêtes sauv., 1934, p.127).
Pavillon chinois.
b) Petit bâtiment isolé situé dans un parc, un bois, une propriété, servant d'habitation le plus souvent intermittente ou saisonnière. On devait lui construire une chaumière dans le verger, mais en attendant qu'elle fût prête, il s'établit dans un petit pavillon, en avant du château (GUÉHENNO, Jean-Jacques, 1952, p.328):
1. ... il habite presque toute l'année là-bas un ancien pavillon de chasse, qui a appartenu à Mme de Prie, la maîtresse du régent, un pavillon, où il y a encore deux pièces avec les boiseries du temps, les deux seules épargnées par les Prussiens...
GONCOURT, Journal, 1896, p.989.
c) Bâtiment ayant parfois de grandes dimensions, appartenant à un ensemble, destiné à une activité spécialisée dans un lieu d'exposition, une halle, un hôpital. Une grosse cloche, au-dessus de la tête de Florent, au coin du pavillon des fruits, se mit à sonner. Les coups, lents et réguliers, semblaient éveiller de proche en proche le sommeil traînant sur le carreau (ZOLA, Ventre Paris, 1873, p.614). Au milieu de la ville banale, aux rues droites et sans caractère, s'élevaient brusquement des hypogées d'Égypte, des chalets norvégiens (...), des pavillons d'exposition universelle, des maisons ventrues (ROLLAND, J.-Chr., Révolte, 1907, p.540). Elle me trompait régulièrement, on peut bien le dire, avec l'infirmier du pavillon des agités, un ancien pompier, pour mon bien qu'elle m'expliquait, pour ne pas me surmener (CÉLINE, Voyage, 1932, p.586).
P. méton. Ensemble des personnes se trouvant dans ce bâtiment. J'entends l'une de celles-ci [des dames de la halle] crier à la mijaurée qui déclarait d'une raie «elle n'est pas fraîche»: —«Plus fraîche en tout cas que celle de ton cul.» Ce qui mit en joie tout le pavillon (L. DAUDET, Brév. journ., 1936, p.119).
d) Maison individuelle d'habitation, généralement entourée d'un terrain, que l'on trouve en zone rurale ou dans certains quartiers (le plus souvent périphériques) des grandes villes. Quand il me mena visiter la propriété qu'il venait d'acquérir à Neuilly, je me demandais s'il espérait qu'une baguette magique transformerait selon son rêve ce pavillon de petit rentier (BLANCHE, Modèles, 1928, p.37). Le style des pavillons de banlieue était considéré en France comme plus flatteur au point de vue social que les styles traditionnels, pourtant si divers, équilibrés et harmonieux de nos provinces (JOCARD, Tour. et action État, 1966, p.170).
e) ARCHIT. Corps de bâtiment d'un édifice important, construit en retrait ou en saillie, au centre ou à un angle de cet édifice. Pavillon d'angle. Ce logis, ainsi que le fait voir le plan, consiste en une vaste salle qui le traverse de bout en bout et qui donne accès sur des pièces communiquant avec des chambres disposées dans les pavillons flanquants (VIOLLET-LE-DUC, Archit., 1872, p.373).
5. P. anal. (de forme)
a) ARCHIT. Comble en pavillon. ,,Comble formé par la réunion de plusieurs croupes et dans lequel chaque pan est soutenu par une demi-ferme de croupe, et chaque arête, par une demi-ferme d'arêtier`` (CHABAT 1881).
b) Extrémité évasée en forme de cône de certains instruments de musique à vent, notamment des cuivres. Au dernier rang des musiciens, le petit Bineau, le bras fourré dans le pavillon de son grand cor et marchant avec l'audace d'un vieux troupier (CHAMPFL., Souffr. profess. Delteil, 1853, p.139). Une patrouille de gardes du corps excita l'admiration publique. (...) ils scandaient le pas à la suite des deux trompettes qui appuyaient contre la hanche le pavillon de leurs instruments lumineux (ADAM, Enf. Aust., 1902, p.390).
MUS. Pavillon chinois. Synon. bonnet, chapeau chinois.
c) Très large cône adapté à certains appareils pour favoriser la diffusion ou la réception des sons. Dans les appareils à microphone solitaire, le couvercle à bayonnette est muni d'un pavillon en ébonite, et l'appareil est disposé pour pouvoir tourner sur son axe (A. LECLERC, Télégr. et téléph., 1924, p.171). Il mettait une aiguille d'ivoire, grand luxe pour l'époque, à un phono de marché aux puces au pavillon en volubilis, et jouait du Verdi (MALRAUX, Espoir, 1937, p.849):
2. ... le proclamateur agita la vaste bannière de soie au-dessous de laquelle, immobile et plus grave que jamais, songeait le beau Pyrénéen, et vomit en son porte-voix à pavillon très évasé ce cri qui passa comme une bonde de vent au-dessus du vulgaire: À trois heures les héros!
CLADEL, Ompdrailles, 1879, p.173.
d) ANATOMIE
) Partie visible de l'oreille externe de l'homme et des mammifères, constituée de tissu cartilagineux recouvert de tégument, dont le rôle est de concentrer les sons et de les diriger vers le conduit auditif. L'oreille externe se compose du pavillon, pourvu d'un rôle faible de collecteur d'ondes sonores et d'indicateur de direction (Arts et litt., 1935, p.34-7):
3. C'était une espèce de cabri au poil roux, tacheté de lunules blanches. Les pattes de devant dressées sur la margelle, le col tendu, d'un museau délicat, elle buvait en humant l'eau pure, cependant que ses grandes oreilles, le pavillon tourné en arrière, écoutaient craintivement.
BOSCO, Mas Théot., 1945, p.324.
Fam. Oreille. On m'a déjà prévenu, mais mon porte-plume tient si à son aise sur mes pavillons que je l'y laisse tout le temps et que je l'oublie (RENARD, Poil Carotte, 1894, p.128).
) Partie terminale en forme de cône ou d'entonnoir d'un conduit ou d'un canal naturel chez l'homme ou chez l'animal. Pavillon de la trompe d'Eustache, de la trompe utérine. Son corps se termine en arrière par un large pavillon qui se rétrécit ou s'épanouit à la volonté de l'animal (COUPIN, Animaux de nos pays, 1909, p.452). Les oeufs pondus passent par l'intermédiaire d'un pavillon dans l'oviducte (BRUMPT, Parasitol., 1910, p.163).
e) JOAILL. Ensemble des facettes taillées de la culasse d'une pierre précieuse. Le brillant double-taille ou recoupé, comprend outre la table et la culasse huit pans sur la couronne qui reçoivent chacun quatre facettes; le pavillon a le même nombre de pans, mais il est souvent moins facetté (METTA, Pierres préc., 1960, p.46).
f) MÉD. Partie évasée en forme de cône de certains instruments médicaux. Cet instrument, qui se trouve dans toutes les trousses, a reçu le nom de sonde cannelée; la plaque quadrilatère qui la termine constitue son pavillon (NELATON, Pathol. chir., t.1, 1844, p.54). On adapte l'embout de la seringue au pavillon de l'aiguille à ponction lombaire (DOPTER ds Nouv. Traité Méd. fasc. 1 1926, p.450).
B. —1. MARINE
a) Pièce d'étoffe, généralement de forme quadrangulaire, que l'on hisse sur un navire pour indiquer sa nationalité, la compagnie à laquelle il appartient, ou pour communiquer un signal, une information (sanitaire, demande de secours, grade de commandement, etc.). Synon. flamme. Pavillon national, royal; pavillon de détresse; pavillon de signaux; pavillon de beaupré, de poupe; pavillon de compagnie, d'armateur; mât de pavillon; naviguer sous pavillon français. Les matelots larguèrent les voiles, le pavillon français se déploya au vent, on détacha la corde qui retenait la barque au rivage, et elle partit allègrement (DU CAMP, Nil, 1854, p.87):
4. Le pavillon du propriétaire est hissé sur une drisse du hauban tribord quand le propriétaire est à bord (forme rectangulaire); il est mis en berne pour un deuil national, le décès d'un membre du club ou du propriétaire du navire. De nombreux pavillons existent, dont les principaux sont: réclamation, quarantaine, de beaupré, petit et grand pavois, etc.
Jeux et sports, 1967, p.1555.
P. métaph. Françoise était mise comme en étalage. Madame de Sénonches avait arboré les pavillons de ses toilettes les plus recherchées (BALZAC, Illus. perdues, 1843, p.660). L'information doit circuler sous un pavillon non trompeur. Le pluralisme est le système dans lequel des chances d'expression égales ou comparables sont données à tous les producteurs d'information et à toutes les tendances d'opinion (BELORGEY, Gouvern. et admin. Fr., 1967, p.142).
HIST. Pavillon noir. Pavillon noir quelquefois frappé d'une tête de mort qui était le signe de reconnaissance des pirates. Une brise tendit le pavillon inconnu. Ayrton, saisissant la lunette que le marin avait laissé retomber, l'appliqua à son oeil, et, d'une voix sourde: «Le pavillon noir!» s'écria-t-il. En effet, une sombre étamine se développait à la corne du brick (VERNE, Île myst., 1874, p.423).
Pavillon en berne.
Loc. verb.
Amener le/son pavillon.
Arborer le/un pavillon.
Baisser (le) pavillon.
Battre pavillon d'une nation, d'un souverain. Arborer ce pavillon à la corne de brigantine ou à la poupe (d'apr. Lar. encyclop.). Sept cents nefs battant pavillon du pape et de Normandie (MORAND, Londres, 1933, p.6).
Couler pavillon haut. Sombrer en combattant, sans se rendre à l'ennemi. Dans le silence étourdissant, l'oscillation haute et sinistre à la crête d'une vague du vaisseau touché qui va couler pavillon haut (GRACQ, Beau Tén., 1945, p.182). Au fig. ,,Perdre, céder avec élégance`` (REY-CHANTR. Expr. 1979).
b) DR. INTERNAT.
Pavillon neutre. Pavillon d'un pays neutre servant, en temps de guerre, de couverture au transport de marchandises destinées à un belligérant. Aucun transfert de navires marchands allemands de toute espèce sous un pavillon neutre quelconque ne pourra avoir lieu après la signature de l'armistice (FOCH, Mém., t.2, 1929, p.316).
Expr. vieillie. Le pavillon couvre la marchandise. Une marchandise naviguant sous pavillon neutre ne peut être saisie. Le roi se posait en défenseur de la «liberté des mers»; il soutenait, d'accord avec les neutres, que «le pavillon couvre la marchandise» et s'assurait ainsi leur concours pour éluder le blocus britannique (LEFEBVRE, Révol. fr., 1963, p.342).
Pavillon de complaisance. ,,Pavillon d'États qui n'ont ni capitaux, ni marins, ni navires, ni organisation commerciale en propre mais qui ont une flotte importante sous leur pavillon parce qu'ils accordent des avantages fiscaux aux armateurs qui l'utilisent`` (LE CLÈRE 1960). L'utilisation des «pavillons de complaisance» dégénère ainsi en abus et jette un trouble grandissant dans le jeu normal de la concurrence. C'est là un danger contre lequel l'armement mondial cherche à réagir (M. BENOIST, PETTIER, Transp. mar., 1961, p.27).
c) DR. MAR. Monopole de pavillon. Régime de navigation en vertu duquel certains transports par mer sont réservés au pavillon national. Une partie relativement grande de notre tonnage était affectée aux «lignes impériales», qui bénéficiaient du monopole de pavillon, et cette circonstance explique aussi que notre flotte de 1939 ait comporté un pourcentage important de paquebots (LE MASSON, Mar., 1951, p.84).
d) P. méton. Ensemble de bâtiments battant un certain pavillon. Synon. marine. Le pavillon anglais domine sur ces mers. Cet amiral, dans la dernière guerre, a soutenu l'honneur du pavillon français (Ac. 1935).
2. P. ext. Pièce d'étoffe aux couleurs d'un pays, d'une société, que l'on arbore dans certaines circonstances. Synon. bannière, drapeau, étendard, oriflamme. Un jour, sans qu'on en puisse deviner le motif, il fit arborer le pavillon tricolore au haut de sa maison. On pense qu'il y fut insidieusement poussé par des agents qui voulaient compromettre l'Autriche (LAS CASES, Mémor. Ste-Hélène, t.1, 1823, p.719). Le pavillon de la société du Creusot à l'exposition de 1900 était un symbole: une coupole énorme hérissée de canons (LESOURD, GÉRARD, Hist. écon., 1966, p.337).
BOT. Synon. de étendard. (Ds GATIN 1924).
REM. Pavillonnage, subst. masc. Action de faire des pavillons (supra B), de les mettre en place; résultat de cette action. Galact rafla tous les taffetas et les satins rouges pour son pavillonnage (LA VARENDE, Heur. humbles, Phoebé, 1942, p.155).
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. dep.1694. Étymol. et Hist.A. 1. a) Déb. du XIIes. paveilun «tente militaire» (St Brendan, éd. I. Short et Br. Merrilees, 1071); ca 1165 pavillon (BENOÎT DE STE-MAURE, Troie, 11987 ds T.-L.); b) ) 1260 «dais surmontant un autel» (ETIENNE BOILEAU, Métiers, 85, ibid.: paveillons que on met par desus autez); ) 1569 «étoffe qui recouvre le ciboire» (Inv. de la cath. d'Auxerre ds GAY); c) 1681 hérald. (MÉNESTRIER, Abrégé méthodique des principes héraldiques, 41 d'apr. FEW t.7, p.576a); 2. a) 1317 «dais de lit garni de tenture» (Arch. du Pas-de-Calais, A 356 ds GAY); b) 1907 automob. (PÉRISSE, Automob., p.68); 3. a) 1503 [n. st.] «corps de bâtiment généralement carré et servant d'accompagnement à un bâtiment plus important» (Comptes du château de Gaillon, éd. A. Deville, p.42); b) ) 1676 «corps de logis seul» (FÉLIBIEN, p.684); ) 1690 «petit bâtiment isolé situé dans un jardin, un parc» (FUR.); c) 1926 «maison individuelle à la périphérie de la ville» (GIRAUDOUX, Bella, p.156); 4. a) ) 1636 mus. (MERSENNE, Harmonie universelle, p.259: pavillon de la trompette); ) 1859 acoustique «extrémité évasée d'un porte-voix» (BOUILLET); b) 1800 [éd.] pavillon de l'oreille (CUVIER, Anat. comp., t.2, p.451). B. 1. a) 1541 [ms.] mar. «pièce d'étoffe hissée sur un navire pour indiquer sa nationalité, la compagnie de navigation à laquelle il appartient, ou pour faire des signaux» (Ms BN fr. 9469-3, f° 24 v° ds JAL); b) 1669 baisser le pavillon au fig. «reconnaître son infériorité» (Mme DE SÉVIGNÉ, Corresp., Lettre du 7 janv., éd. R. Duchêne, t.1, 110; déjà en ce sens, en 1655, mettre pavillon bas, MOLIÈRE, L'Étourdi, II, 11); 2. 1635 «drapeau» (CORNEILLE, Médée, IV, 5). Du lat. (acc. de ) au sens de «tente» (IIIes. ds BLAISE Lat. chrét.), issu, p.compar., du sens propre de «papillon», v. papillon. Fréq. abs. littér.:1776. Fréq. rel. littér.: XIXes.: a) 2307, b) 4366; XXes.: a) 2374, b) 1816.
DÉR. 1. Pavillonnaire, adj. Composé de pavillons (supra A 4 d), de petites constructions séparées. Un hôtel pavillonnaire s'adaptant à une clientèle de vacances (JOCARD, Tour. et action État, 1966, p.148). En matière d'urbanisme, l'univers pavillonnaire ou les transformations hasardeuses de l'habitat local se substituent aussi aux constructions rurales ou traditionnelles (BELORGEY, Gouvern. et admin. Fr., 1967, p.382). []. 1re attest. (R. DUPOUY in Annales médico-psychol., I, p.531 ds QUEM. DDL t.29); de pavillon au sens A 3 a, suff. -aire. 2. Pavillonné, -ée, adj., hérald. [En parlant de la représentation d'un instrument à vent] Dont le pavillon est d'un émail différent de celui du reste de l'instrument. (Dict.XIXe et XXes.). []. 1res attest. a) 1671 «orné d'une voile» (POMEY), b) 1752 hérald. (TRÉV.); de pavillon, suff. . 3. Pavillonnerie, subst. fém., mar. Atelier où l'on fabrique des pavillons (supra B), magasin, endroit de la soute d'un navire où on les entrepose (d'apr. LE CLÈRE 1960). []. 1re attest. 1859 (BONN.-PARIS: nom que, dans les arsenaux, on donne à l'atelier où l'on fait les pavillons); de pavillon, suff. -erie. 4. Pavillonneur, subst. masc. a) Ouvrier qui confectionne des pavillons (supra B). (Dict.XIXe et XXes.). b) Ouvrier qui confectionne des pavillons d'instrument de musique. (Dict. XXes.). c) Agent responsable de la construction de pavillons. La Société réalise par an 80 à 100 maisons individuelles de qualité (...). Le Bureau d'études est dirigé par un architecte. Le responsable des travaux dirigera l'exécution. Âgé de plus de 30 ans, il aura obligatoirement une expérience de «pavillonneur». La formation d'ingénieur est souhaitée (Le Nouvel Observateur, 25 mars 1974, p.40, col. 1). []. 1re attest. 1874 ouvrier pavillonneur (Décret du 13 mars ds B. des lois, part. suppl. 2e semaine, p.156 d'apr. LITTRÉ Suppl. 1877); de pavillon, suff. -eur2.
BBG. —Archit. 1972, p.29. —LA LANDELLE (G. de). Le Lang. des marins. Paris, 1859, p.210, 388. —PAULI 1921, p.100. —QUEM. DDL t.11, 16, 27. —SAIN. Arg. 1972 [1907], p.95; Sources t.2 1972 [1925], p.54, 56; t.3 1972 [1930], p.467. —THOMAS (A.) Nouv. Essais 1904, p.272.

pavillon [pavijɔ̃] n. m.
ÉTYM. V. 1130, paveillon « tente de campement »; du lat. papilio, -onem « papillon », d'où, par métaphore, « tente ».
———
I
1 Vx. Tente, souvent terminée en pointe par le haut, qui servait surtout au logement des gens de guerre en campagne.
1 Va sur les bords du Rhin planter tes pavillons (…)
Corneille, Horace, I, 1.
2 Liturgie. (Anciennt). Étoffe, voile de soie qui recouvre et protège le ciboire, le tabernacle. Custode. Vieilli. Sorte de dais au-dessus d'un lit, tour de lit suspendu au plafond et tendu en forme de tente (on dit plutôt de nos jours couronne).Blason. Ornement extérieur à l'écu, en forme de tente, qui enveloppe les armoiries d'un souverain.
tableau Termes de blason.
3 (1508). Cour. Construction légère élevée dans un jardin, un parc, etc., et qui est destinée à servir d'abri. Belvédère, kiosque, rotonde… || Pavillon chinois. Par ext. || Pavillon de verdure (→ Gloriette, tonnelle).
(1566). Petit bâtiment isolé; petite habitation, petite maison située dans un jardin, un parc, un bois… Maison, maisonnette; bungalow, villa. || Pavillon de chasse. Muette. || Pavillons d'un hôpital (→ Hospitalier, cit. 1). || Construire, réparer un pavillon (→ Bond, cit. 11). || Habiter un pavillon en banlieue, à la campagne. || Pavillon de banlieue ( Pavillonnaire).
2 Le concierge, deux jardiniers et leurs femmes restaient à leur poste; mais leur pavillon est situé à l'entrée des cours, au bout de l'avenue d'Arcis, et la distance qui existe entre ce tournebride et le château ne permettait pas d'y entendre un coup de fusil.
Balzac, Une ténébreuse affaire, Pl., t. VII, p. 567.
3 Il y a là un pavillon soutenu par de hauts piliers, qui recouvre un bassin carré autour duquel des compagnies de femmes viennent souvent se reposer et chercher la fraîcheur.
Nerval, Voyage en Orient, « Femmes du Caire », I, IX.
4 Il s'était réservé, dans le parc, un pavillon, dont la porte donnait sur une ruelle déserte. Il sortait, il rentrait, sans qu'on le sût.
Zola, la Bête humaine, I.
4.1 L'appartement de banlieue m'était devenu insupportable (…) Ces pavillons cossus qui m'entouraient, ces jardins à saules pleureurs, à cèdres et à gazon, ces portails de fer forgé, ces barrières gentiment blanches, ce calme à peine troublé par des cris d'enfants bien élevés et des sonates de Chopin, ce n'était plus pour moi, je rendais ma place !
Marie Cardinal, les Mots pour le dire, p. 322.
REM. L'emploi élargi de pavillon pour désigner toute maison individuelle (au lieu de maison, villa) est populaire.
Pavillon d'une exposition : construction indépendante appartenant à l'ensemble des bâtiments constituant une exposition. || « L'exposition du Ministère de la Marine et des Colonies (…) comprend un palais central et une série de pavillons spéciaux » (Année sc. et industr., 1890, p. 455).
Corps de bâtiment, généralement carré, qui se distingue du reste de l'édifice dont il fait partie par l'alignement, la hauteur, la décoration… || Pavillon central, pavillon d'angle. || Le pavillon de Flore, aux Tuileries.
(1915). Partie supérieure de la carrosserie (d'une voiture).
4 (1680; de la forme évasée, conique, de la tente militaire). || En pavillon. || Comble en pavillon : comble de forme pyramidale.Mus. || Pavillon chinois ou chapeau chinois. Chapeau.
(1636). Extrémité évasée de certains instruments de musique à vent. || Pavillon d'un cor, d'une trompette ( Cornet).Par ext. || Pavillon d'un haut-parleur, d'un phonographe.
4.2 Notre gramophone était un appareil de salon et non un gramophone de bistro à grand pavillon et à la voie glapissante, néanmoins, il me semblait que l'on n'entendait que lui.
B. Cendrars, la Main coupée, Œ. compl., t. X, p. 115.
5 (1810). Partie visible de l'oreille externe de l'homme et des mammifères. Oreille. || Pavillon de l'oreille (→ Conduit, cit. 2). || Lobe du pavillon.
———
II (1541). Mar. et cour. Pièce d'étoffe, étendard que l'on hisse sur un navire pour indiquer sa nationalité (pavillon national), la compagnie de navigation à laquelle il appartient (pavillon d'armateur ou de reconnaissance) ou pour faire des signaux, donner à distance des renseignements sur la nature du navire, sur ce qui se passe à son bord, etc. Bannière, cornette, drapeau, enseigne, étendard, guidon; pavois (grand, petit pavois). || Le battant, le guindant d'un pavillon. || Mât de pavillon, disposé spécialement à l'arrière d'un navire pour y arborer le pavillon national. || Hampe qui porte un pavillon. Digon. || Enverguer un pavillon. || Hisser un pavillon à bloc. || Assurer son pavillon, l'arborer en tirant un coup de canon. || Pavillon qui flotte au bout de sa hampe (cit. 3), au grand mât (→ Déferler, cit. 1). || Pavillon de guerre. || Pavillon de partance. || Pavillon d'arrondissement, qui indique à quel arrondissement maritime appartient un navire de commerce. || Pavillon de quarantaine, qui signale qu'il y a à bord une maladie contagieuse.Pavillons de signaux (pavillon de petite, de grande distance). || Pavillon d'attention; pavillon d'aperçu (ou aperçu, n. m.), qui indique qu'on a vu et compris un signal.Arborer (cit. 4) le pavillon d'une nation. Couleur(s). || Abaisser, amener, baisser (cit. 4), rentrer le pavillon. — ☑ (1669). Fig. Baisser (cit. 5 et 6) pavillon, mettre pavillon bas (1. Bas, cit. 73) devant qqn : céder.
Navire qui coule pavillon haut, sans se rendre.Pavillon en berne (2. Berne, cit.).Navire battant (cit. 43) pavillon britannique. || Naviguer sous pavillon français.Navire de guerre battant pavillon amiral. || Capitaine de pavillon.Le pavillon noir, le pavillon à tête de mort, qui était l'emblème (cit. 2) des pirates.
(1968). || Pavillon de complaisance : nationalité fictive (Libéria, Panamá, Chypre, etc.) accordée aux navires de commerce, à des conditions avantageuses.
5 (…) la tour était compliquée d'étendards de mer, de banderoles, de bannières, de drapeaux, de pennons, de pavillons, qui montaient de hampe en hampe, d'étage en étage, amalgamant toutes les couleurs, toutes les formes, tous les blasons, tous les signaux, toutes les turbulences (…)
Hugo, l'Homme qui rit, I, II, XI.
5.1 Le pavillon du brick, moins tendu, s'engageait dans les drisses, et il devenait de plus en plus difficile à observer.
« Ce n'est point là un pavillon américain, disait de temps en temps Pencroff, ni un anglais, dont le rouge se verrait aisément, ni les couleurs françaises ou allemandes, ni le pavillon blanc de la Russie, ni le jaune de l'Espagne… On dirait qu'il est d'une couleur uniforme… Voyons… dans ces mers… que trouverions-nous plus communément ?… le pavillon chilien ? mais il est tricolore… brésilien ? il est vert… japonais ? il est noir et jaune… tandis que celui-ci… »
En ce moment, une brise tendit le pavillon inconnu. Ayrton, saisissant la lunette que le marin avait laissé retomber, l'appliqua à son œil, et, d'une voix sourde : « Le pavillon noir ! » s'écria-t-il.
En effet, une sombre étamine se développait à la corne du brick, et c'était à bon droit qu'on pouvait maintenant le tenir pour un navire suspect !
J. Verne, l'Île mystérieuse, t. II, p. 605.
6 Son navire, la Belle-Rose, qui naviguait sous un pavillon d'Amérique (…)
Loti, Mon frère Yves, LXXIX.
7 (…) comme en pleine mer, lorsqu'on est sur le pont d'un navire et qu'on entend claquer à la poupe le pavillon déployé au-dessus du sillage qui se déroule.
Louis Bertrand, le Livre de la Méditerranée, « Espagne », V.
Trafiquer sous pavillon neutre (en dr. internat. publ.), se dit d'un belligérant qui fait transporter par des navires neutres les marchandises qui lui sont destinées. — ☑ Loc. Le pavillon couvre la marchandise, principe juridique selon lequel un belligérant ne peut saisir une cargaison ennemie transportée sur un navire neutre.Fig., fam. Se dit en parlant de ce qui est blâmable ou illicite et qui se couvre d'une apparence, d'un prétexte honorable.
8 Christophe vit aussi des filles galantes, qui étaient partagées, comme Chimène, entre la passion et le devoir : la passion était de suivre un nouvel amant; le devoir était de rester avec l'ancien, un vieux qui leur donnait de l'argent, et que d'ailleurs elles trompaient. À la fin, noblement, elles choisissaient le devoir. — Christophe trouvait que ce devoir différait peu du sordide intérêt; mais le public était content. Le mot de Devoir lui suffisait; il ne tenait pas à la chose : le pavillon couvrait la marchandise.
R. Rolland, Jean-Christophe, Foire sur la place, I, p. 712.
9 Pour la cargaison, la validité de la prise est soumise à une condition supplémentaire. Il ne suffit pas qu'elle soit ennemie. Si elle est découverte sur un navire neutre, elle n'est pas saisissable en vertu de la célèbre règle de Paris, formulée dans la déclaration du 16 avril 1856 : « Le pavillon neutre couvre la marchandise ennemie. »
L. Delbez, Manuel de droit international public, p. 326.
Par métonymie. L'ensemble des navires qui appartiennent à un pays; la puissance navale d'une nation. || « Cet amiral, dans la dernière guerre, a soutenu l'honneur du pavillon français » (Académie).Dr. mar. || Monopole du pavillon.
DÉR. Pavillonnaire, pavillonnerie, 1. pavillonneur, 2. pavillonneur.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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